Lucie Rocher « Faits et causes », exposition du 30 août au 27 septembre 2017

Lucie Rocher, étudiante au doctorat en études et pratiques des arts (UQAM)

Faits et causes

visuel_LR (1)
BIOGRAPHIE
Après avoir complété des études en arts à l’Université Paris 1 (2011) et
à la New York University (2012), LUCIE ROCHER poursuit sa pratique
photographique au doctorat en études et pratiques des arts de
l’UQAM. Ponctué de résidences artistiques (SIM Residency, Reykjavik,
2015 ; Centre Sagamie, Alma, 2016), son parcours compte plusieurs
expositions individuelles et collectives présentées au Québec
(Occurrence, 2016) et à l’international (White Box, Recession Art, New
York, 2012 ; SIM, à Reykjavik, 2015). Des expositions individuelles lui
seront prochainement consacrées (Maison de la Culture Frontenac,
Montréal, 2017 ; VU PHOTO, Québec, 2018). Elle vit et travaille entre
Montréal et Paris.

JULIE ALARY LAVALLÉE poursuit actuellement des études doctorales
en histoire de l’art à l’Université Concordia. Dans le cadre de ses
recherches, elle s’intéresse aux expositions nationales d’art
contemporain de l’Inde dans un contexte diasporique. Ses écrits ont
été diffusés dans de nombreuses publications et présentés dans le
cadre de conférences tant au Canada qu’à l’international. Commissaire
indépendante, elle agit depuis 2014 à titre de coordonnatrice des
communications et des archives au centre d’artistes OPTICA et
s’implique de manière soutenue auprès du Studio XX depuis 2012.Exposition du 30 août au 27 septembre 2017

Commissaire invitée  :
Julie Alary Lavallée

Discussion avec l’artiste et la commissaire :
mardi 19 septembre 2017 à 18h

GALERIE Z ART SPACE
819, avenue Atwater (coin St-Antoine)
Montréal (QC) H3J 2S6
Métro Lionel-Groulx
mardi et mercredi : 11h à 17h
jeudi au lundi : sur rendez-vous
http://www.zartspace.com
info@zartspace.com
Directrice de projets | Project Director : Tianmo Zhang


L’exposition FAITS ET CAUSES prend ancrage dans les installations
photographiques récentes de l’artiste LUCIE ROCHER en focalisant
sur leur processus de fabrication. Ses procédés de saisie du réel et
d’exploration, qui rapprochent sa pratique photographique du
médium sculptural, s’y trouvent révélés par une sélection d’œuvres et
de non-œuvres qui questionnent les modes de visibilité et de
présentation de l’image.

Certains artistes passent le langage photographique au peigne fin, en
dissèquent les propriétés physiques, mécaniques et numériques,
pour les explorer et les mettre au jour jusqu’à en supprimer toute
représentation au profit d’une pratique conceptuelle plongée dans
l’abstraction. Non étrangère à cette tangente formaliste, la pratique
de Lucie Rocher revendique davantage un investissement vers la
figuration. Elle s’accroche par métonymie au chantier de construction
– à ces espaces parsemés d’amoncellements de matériaux, laissés tels
quels, comme à celui de l’atelier – tant pour ses attributs formels que
pour la précarité et l’apparence rudimentaire qu’il peut évoquer.
L’espace photographié, ce réel capté, y devient parcellaire, voire
absent, au profit du vide qui, lui, devient le protagoniste. Tributaire
d’un processus poreux et perméable aux explorations, sa pratique
s’édifie par strates.

Son sujet de prédilection, l’architecture, et par extension le paysage
construit, est intarissable. Il s’offre dans tous ses états tant dans
l’espace public que privé. Entre ses mains, il est continuellement
sectionné, redoublé, plié, dissimulé, superposé, photographié et
réimprimé. Le sujet s’y trouve investi d’une foulée de manipulations
qui le rendent souvent méconnaissable ou magnifié à partir d’autres
perspectives et angles d’approche. Déjouant les codes de la
photographie, ses œuvres et autres prototypes articulent une
réflexion libre autour du cadre et une recherche soutenue sur les
modes d’accrochage. Elles sont fixées au mur par du ruban adhésif,
enroulées autour d’un clou à l’état brut, laissées sur une table, tant de
façons d’y affirmer leur qualité d’objets usuels et résiduels. S’il y a
cadre, et cela est plutôt rare, c’est qu’il participe à renforcer les
propriétés conceptuelles et formelles de l’œuvre.

La nature frêle et passagère du papier journal, support pauvre et
jetable présent dans la plupart des installations, contraste avec la
solidité et la pérennité des matériaux représentés. Antinomiques, ses
œuvres se construisent aussi par jeux d’échelle, de perspectives, de
répétitions et de lignes diagonales qui dynamisent l’agencement
spatial. Diagonal(e) table miroir (2017) condense l’ensemble de ces
directions. La stabilité, une qualité normalement associée à l’objettable,
est détournée ici par la surface inclinée du dispositif, renforçant
les effets de superposition et de multiplication des images, euxmêmes
intensifiés par la présence de miroirs. Sépia (2017) rappelle
quant à elle les clichés anciens de ton brunâtre associés à une
certaine époque du médium. Or, ce dialogue avec l’histoire se
poursuit avec l’espace de diffusion au-delà de la technique. Saisit lors
du montage de l’exposition, un fragment de la galerie, réfléchi dans
la vitre du cadre, occupe l’espace de la représentation. Si cet objetcadre,
anamorphose photographique, renvoie aux formes subtiles de
saisissement du monde, il met aussi en évidence les moyens, traqués
par l’artiste, pour rendre visibles tous les temps de construction d’une
image.
Julie Alary Lavallée
Commissaire

Publicités

À propos de aedepauqam

Le blog de l'Association Étudiante du Doctorat en Études et Pratiques des Arts de l'Uqam

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :